Où et pour qui cette expérimentation est-elle mise en place ?
L’expérimentation vise les personnes qui bénéficient déjà du parcours de soins global pour les patients recevant ou ayant reçu un traitement pour un cancer. Concrètement, il s’agit de patients en cours de traitement ou suivis après la fin des traitements, pour lesquels l’équipe médicale considère que l’APA peut apporter un bénéfice en termes de forme physique, de fatigue, de moral et de qualité de vie.
Le dispositif n’est pas généralisé à toute la France. Il est, pour l’instant, limité à trois régions pilotes : Bretagne, Nouvelle Aquitaine et Provence Alpes Côte d’Azur. Dans ces territoires, des structures spécialement habilitées par les agences régionales de santé (ARS) seront chargées de coordonner le programme.
En quoi consiste le programme d’activité physique adaptée ?
L’idée est d’intégrer un programme d’APA structuré au parcours de soins. Sur prescription médicale, le patient est orienté vers une structure coordinatrice qui l’accompagne tout au long du dispositif. Le programme comprend :
- Un certain nombre de séances d’APA, adaptées à l’état de santé, aux traitements et aux capacités du patient
- Un accompagnement personnalisé par des professionnels qualifiés en activité physique adaptée
- Un bilan final, partagé avec le médecin prescripteur, pour mesurer les progrès et ajuster la suite de la prise en charge
Un arrêté ministériel doit encore préciser les détails pratiques : durée du programme, nombre de séances par patient, modalités d’inscription, plafonds de financement et critères d’habilitation des professionnels d’APA.
Qui coordonne et qui encadre les séances ?
Dans chacune des trois régions, une ou plusieurs structures conventionnées avec le directeur général de l’ARS auront la responsabilité d’organiser les parcours APA. Leur rôle est de :
- Recevoir les prescriptions médicales
- Orienter les patients vers des professionnels d’APA qualifiés
- Assurer la coordination entre les différents intervenants
- Veiller au respect d’un cahier des charges défini nationalement
- Réaliser le bilan final et le transmettre au médecin prescripteur
Les séances elles-mêmes sont encadrées par des enseignants en activité physique adaptée ou des professionnels répondant aux critères d’habilitation qui seront fixés par arrêté. L’objectif est d’assurer une pratique sécurisée, progressive et adaptée à la maladie, en complément des traitements classiques.
Est ce que tout est déjà remboursé, et pour combien de temps ?
Ce dispositif correspond à une prise en charge coordonnée et financée dans le cadre d’une expérimentation de deux ans. Il s’inscrit dans la continuité des mesures prévues par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024 sur le « sport sur ordonnance » pour certains malades chroniques.
Attention : il ne s’agit pas encore d’une prise en charge générale et nationale de l’APA pour tous les patients atteints de cancer. L’accès dépendra :
- De votre région de résidence ou de prise en charge
- De la mise en place effective du programme localement
- Du fait que votre médecin vous inscrive dans le parcours de soins global éligible à cette expérimentation
À l’issue des deux ans, un bilan national devra être réalisé pour décider d’une éventuelle généralisation ou extension à d’autres régions et pathologies.
Comment savoir si vous pouvez en bénéficier ?
Si vous êtes suivi pour un cancer en Bretagne, Nouvelle Aquitaine ou Paca, parlez en avec votre médecin traitant ou votre oncologue. Ce sont eux qui pourront :
- Vérifier si vous êtes éligible au parcours de soins global concerné
- Vous délivrer une prescription d’activité physique adaptée
- Vous orienter vers la structure de coordination APA de votre région, une fois qu’elle sera opérationnelle
En attendant, de nombreuses régions proposent déjà des dispositifs d’APA financés par des ligues contre le cancer, des ARS ou des caisses de retraite. Même hors expérimentation, cela vaut la peine de demander quelles solutions existent près de chez vous.