Qui décide de fermer une école ?
Un directeur d’école ne peut pas décider seul de fermer son établissement. La décision appartient à la mairie — propriétaire des locaux scolaires — en coordination avec la préfecture et le rectorat. C’est pourquoi, lors d’un même épisode caniculaire, certaines communes ferment leurs écoles pendant que des établissements voisins restent ouverts : tout dépend d’une décision prise commune par commune, et non d’une règle nationale uniforme.
Le directeur dispose cependant d’une marge d’action sur l’organisation interne : il peut réorganiser les récréations, limiter les activités physiques et décider d’installer les élèves dans les salles les plus fraîches du bâtiment.
Ce que change le niveau d’alerte Météo-France
C’est le niveau de vigilance publié par Météo-France qui conditionne la réponse officielle des établissements :
- Vigilance jaune ou orange : l’école reste ouverte. Les établissements mettent en place des mesures préventives (accès à l’eau, limitation des sorties en plein soleil, aménagement des récréations), mais aucune fermeture n’est automatiquement déclenchée ;
- Vigilance rouge : le ministère de l’Éducation nationale recommande aux familles qui le peuvent de garder leur enfant à la maison. Dans les faits, de nombreuses mairies prononcent une fermeture administrative dès ce niveau d’alerte.
Les mesures concrètes mises en place dans les établissements
Lorsque l’école reste ouverte en période de forte chaleur, les directeurs et enseignants peuvent activer plusieurs dispositifs :
- Fermeture des volets et stores dès le matin pour conserver la fraîcheur nocturne le plus longtemps possible ;
- Suppression ou aménagement des récréations aux heures les plus chaudes (11h–15h) ;
- Accès à l’eau facilité et encouragé tout au long de la journée ;
- Déplacement des classes dans les espaces les plus frais du bâtiment (halls, sous-sols, salles orientées nord) ;
- Allègement des activités physiques : EPS reportée, sorties extérieures limitées ;
- Réduction des horaires avec retour des élèves en début d’après-midi, sous réserve d’accord des parents et de la mairie
Le cas particulier des enfants vulnérables
Pour les enfants souffrant de pathologies chroniques — asthme, maladies cardiaques, handicap ou antécédent de malaise lié à la chaleur — les écoles font preuve d’une appréciation plus souple. Un directeur peut accepter une absence préventive si les parents la justifient clairement en mentionnant l’état de santé de l’enfant. Là encore, la règle est simple : prévenir l’établissement et expliquer le motif, ce qui permet d’éviter que l’absence ne soit considérée comme injustifiée.
Et si l’école ferme : les parents salariés sont-ils protégés ?
Le droit du travail ne prévoit aucun congé spécifique lié à la fermeture d’une école pour canicule. Un parent qui reste chez lui sans accord préalable de son employeur s’expose à une retenue sur salaire. La meilleure solution reste d’anticiper en négociant avec son employeur : télétravail, congé posé, ou récupération d’heures. Certaines conventions collectives prévoient des dispositions plus favorables — vérifiez la vôtre avant de décider.